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Maladie de Parkinson : le tennis de table, un exemple concret d’activité physique adaptée sur le territoire

Posté le : 14 avril 2026

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À l’occasion de la Journée mondiale contre la maladie de Parkinson, il est essentiel de valoriser des initiatives de terrain qui illustrent concrètement les bénéfices de l’activité physique adaptée. 
Sur le territoire d’Aix-en-Provence, le club Aix Les Milles Tennis de Table a développé un programme spécifique à destination des personnes atteintes de cette pathologie.
Afin de mieux comprendre la genèse, le fonctionnement et les effets de ce dispositif, nous avons échangé avec Romain TORRENT, entraîneur du club, dans le cadre d’une interview.

 

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Comment est né ce programme au sein du club ?
« Tout a commencé lorsqu’une personne atteinte de la maladie de Parkinson est venue au club. On a alors créé un cours spécifique pour lui permettre de pratiquer dans de bonnes conditions.
À partir de cette première initiative, le club a progressivement structuré son offre, en développant une communication ciblée, notamment auprès de professionnels de santé comme les neurologues. Cette mise en réseau a permis d’orienter de nouveaux pratiquants vers le dispositif.
Aujourd’hui, le programme accueille entre 20 et 25 personnes de manière régulière. Deux créneaux dédiés sont proposés chaque semaine, le mardi et le vendredi, avec la possibilité d’intégrer également des séances en groupe mixte. »

Pourquoi avoir choisi le tennis de table comme support d’activité ?
« Le tennis de table est intéressant car il mobilise la coordination, la concentration et la prise de décision en même temps, dans une logique de double tâche.
La pratique repose sur des gestes courts et contrôlés, ce qui permet une adaptation progressive aux capacités des participants, même en présence de troubles moteurs comme la rigidité ou les tremblements.
Cette approche permet ainsi de travailler simultanément plusieurs dimensions souvent impactées par la maladie, tout en maintenant une pratique accessible et sécurisée. » 

Quels effets observez-vous chez les participants ?
« Les participants nous disent qu’ils se sentent mieux. On observe des améliorations sur la coordination et l’équilibre, et parfois une diminution des tremblements pendant la pratique.
Au-delà des effets physiques, la dimension psychologique et motivationnelle de l’activité contribue au sentiment de capacité et au bien-être général.
Nous avons fait part de ces observations à la Fédération Française de Tennis de Table, qui a manifesté un intérêt pour le dispositif dans une logique de valorisation et de diffusion à plus grande échelle. » 

Quelle place occupe le lien social dans ce programme ?
« Le lien social constitue un élément central du dispositif. Quand quelqu’un arrive, il y a toujours un participant déjà présent qui va naturellement vers lui pour l’intégrer.
Cette dynamique spontanée favorise une intégration progressive des nouveaux arrivants et contribue à créer un environnement bienveillant, propice à la pratique.
Nous avons l'exemple d’une de nos participante de 85 ans qui illustre cet impact. Initialement accompagnée et se déplaçant avec une canne, elle a progressivement gagné en autonomie, jusqu’à venir seule aux séances, tout en créant des liens durables avec les autres pratiquants. » 

Comment le programme est-il organisé et rendu accessible ?
«  Le club a fait le choix de proposer ces séances gratuitement pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Cette gratuité est rendue possible grâce à des dispositifs de soutien destinés aux publics seniors, notamment une aide du département, permettant de réduire les freins financiers à la pratique.
La régularité peut être variable, en raison des contraintes liées à la maladie, notamment les rendez-vous médicaux et les fluctuations de l’état de santé des participants. » 

Message clé à retenir
Romain conclut l’échange par un message simple :
« Le plus important, c’est de pratiquer une activité physique qui plaît et de ne pas avoir peur de commencer, même en partant de zéro. »
Cet échange met en lumière la capacité des structures sportives à développer des réponses concrètes dans le champ du sport-santé, en s’appuyant sur les besoins réels du terrain et sur une dynamique locale.
Il rappelle surtout un principe essentiel : l’activité physique doit être accessible, adaptée et choisie par la personne elle-même afin de favoriser son engagement dans la durée, quel que soit l’âge, le niveau ou la situation de santé.

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