
Le Séminaire des Maisons Sport-Santé (MSS) de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur s’est tenu au Campus du Rugby Club Toulonnais. Organisé tous les deux ans, cet événement constitue un temps fort du réseau régional, réunissant les acteurs du sport santé afin de partager les pratiques, renforcer les coopérations et faire évoluer collectivement les dynamiques territoriales.
Cette édition 2026 a rassemblé 68 participants issus de 39 MSS de l’ensemble de la région.

La matinée a débuté par une présentation de la dynamique sport santé en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, portée par l’Agence Régionale de Santé (ARS) et la Délégation régionale académique à la jeunesse, à l'engagement et aux sports (DRAJES) PACA.
Dans un second temps, Véronique Lopez, Chargée de Mission Formation et Sport Santé au Comité Régional Olympique et Sportif (CROS) de la Région Sud PACA a rappelé que le sport santé constitue aujourd’hui une mission pleinement intégrée aux projets associatifs et aux objectifs stratégiques du mouvement sportif régional, conformément aux orientations définies par le CNOSF.
C’est dans ce cadre que le CROS Sud PACA a lancé son Label Sport Santé. Co-construits avec l’ARS PACA, la DRAJES PACA et la Région Sud, ce dispositif a pour ambition de valoriser les clubs engagés, de renforcer les partenariats avec les acteurs de santé et de faciliter l’accès à une pratique adaptée pour tous.
Aujourd’hui, cette dynamique se traduit par :
Retrouvez la liste des clubs labélisés ici

L’intervention de Corine Botta, Professeure de Sport à la SDJES 05, a permis de mettre en lumière la dynamique partenariale autour de la démarche ICAPS (Intervention Centrée sur l'Activité Physique et la Sédentarité), dans les Hautes-Alpes.
Cette démarche repose sur une coopération étroite entre les MSS, la Délégation Départementale (DD) de l’ARS PACA, la Direction des Services Départementaux de l'Education Nationale (DSDEN), le Service Départemental à la Jeunesse, à l'Engagement et aux Sports (SDJES) ainsi que les établissements scolaires afin d’inscrire durablement l’activité physique dans les parcours éducatifs et de santé des jeunes publics.
L’un des enjeux majeurs présentés lors de cette intervention réside dans la structuration d’un cadre commun et coordonné entre les différents acteurs. Cette organisation s’appuie notamment sur une convention tripartite entre la DSDEN, la DD ARS et les MSS, permettant de clarifier les rôles de chacun, d’encadrer les modalités d’intervention et d’assurer le suivi des projets déployés sur le territoire.
Le SDJES 05 occupe, dans ce cadre, un rôle de pivot opérationnel en coordonnant les partenaires et en accompagnant la mise en œuvre territoriale des actions.
Cette organisation permet notamment :
Les échanges ont également mis en avant la volonté de construire une démarche durable, cohérente et sécurisée, permettant aux équipes éducatives et aux MSS d’intervenir dans un cadre clairement identifié.

David Fuente et Amadou Ouattara, représentants d’Azur Sport Santé, ont présenté les travaux menés autour du développement de l’offre sport santé dans les zones blanches de la région PACA.
Le constat partagé est clair : certains territoires restent encore insuffisamment couverts par une offre sport santé identifiée, structurée et accessible. Aujourd’hui, seuls 49 % des territoires régionaux sont couverts par une MSS.
Les problématiques identifiées concernent notamment :
Afin de répondre à ces enjeux, un accompagnement a été mis en place avec le Centre d’Innovation et d’Usages en Santé (CIUS), dans le cadre du programme Accélérateur 3.0.
Cette démarche a permis de structurer une méthodologie opérationnelle reposant sur trois grandes phases :
Parmi les outils développés figure notamment un guide pratique destiné aux acteurs souhaitant structurer une offre sport santé sur leur territoire, intégrant des dimensions de diagnostic territorial, d’orientation, de mobilisation des acteurs, de communication, de modèle économique ou encore de pérennisation des dispositifs.
Cette démarche vise à réduire les inégalités territoriales d’accès à l’activité physique et à accompagner le développement de solutions adaptées aux réalités locales.
L’intervention de Boris Cheval, Maître de conférences à l'École Normale Supérieure de Rennes, a apporté un éclairage scientifique sur les mécanismes de motivation liés à la pratique de l’activité physique.
Une idée centrale a particulièrement marqué les échanges : « L’intention est nécessaire mais pas suffisante pour être actif physiquement. »
Les travaux présentés rappellent que l’être humain dispose naturellement d’un fort potentiel d’endurance, issu de son évolution biologique. Pourtant, nous sommes également programmés pour économiser notre énergie et privilégier les comportements ayant le moindre coût physique.
Dans un environnement moderne où les technologies ont progressivement supprimé de nombreuses activités physiques du quotidien, cette « discordance évolutive » contribue fortement à l’augmentation de la sédentarité.
L’enjeu est donc de recréer des opportunités de mouvement suffisamment attractives pour favoriser durablement l’engagement dans l’activité physique.
Plusieurs leviers ont été identifiés :
Comme cela a été rappelé durant l’intervention : l’activité physique doit être perçue comme nécessaire et/ou gratifiante pour que les opportunités d’effort en valent la peine.

La matinée s’est conclue avec l’intervention de Carole Maître, gynécologue & médecin du sport à l'INSEP, consacrée à l’activité physique et à la santé des femmes à chaque étape de la vie.
Les échanges ont notamment rappelé la légitimité des professionnels du sport santé à accompagner les femmes pendant la grossesse et le post-partum, dans le respect des recommandations existantes.
L’intervention a également permis de mettre en lumière certaines problématiques encore insuffisamment prises en compte, notamment l’endométriose, dont les douleurs et les contraintes peuvent constituer un frein important à la pratique d’activité physique.
Ces échanges ont souligné l’importance d’un accompagnement adapté, individualisé et bienveillant afin de favoriser l’accès à l’activité physique pour toutes les femmes.
L’après-midi a été consacrée à des ateliers d’échanges entre MSS autour de différentes missions du dispositif.
Ces temps de travail collectif ont permis aux participants de partager leurs expériences, d’identifier les freins rencontrés sur le terrain et de faire émerger des pistes d’amélioration communes.
Les échanges ont mis en lumière la complexité de créer et maintenir une offre sport santé lisible sur le territoire, autour de trois éléments majeurs.
Les participants convergent sur un même constat : sensibiliser les professionnels est un travail de longue haleine, qui repose avant tout sur la présence, la répétition et la construction de liens de confiance.


Ce séminaire a une nouvelle fois illustré la force du réseau des MSS en région PACA et l’importance de la coopération entre les acteurs institutionnels et de terrain.
En favorisant les échanges, la mutualisation des pratiques et la construction de solutions communes, ces rencontres contribuent à structurer durablement l’offre sport santé sur le territoire.
L’ensemble des organisateurs remercie chaleureusement les intervenants, les participants, les partenaires pour leur mobilisation et la richesse des échanges tout au long de cette journée et également au Campus du Rugby Club Toulonnais pour leur accueil.